jeudi, 25 juin 2009

Fadila Mehal sur la burqa

f mehal.jpgDans une tribune publiée dans le quotidien gratuit Metro, mercredi 24 juin, Fadila Mehal, Présidente-fondatrice des "Marianne de la diversité", membre du Mouvement Démocrate, s'est exprimée sur la problématique du port de la burqa dans l'espace public.



"En 2004, la loi sur le voile voulait protéger les jeunes filles en sanctuarisant les établissements scolaires et les administrations. Quatre ans plus tard, 58 députés, tous bords confondus, dépêchent une commission d'enquête parlementaire pour faire un état des lieux sur le port de la burqa. Que s'est-il donc passé pour que ce qu'on dénonçait hier à Kaboul soit devenu une réalité en France, notamment dans nos quartiers les plus déshérités ? Comment la France, terre des droits de l'homme, a-t-elle failli à ce point dans sa mission d'intégration pour que des jeunes derrière la burqa fassent la nique à la laïcité et à notre République ?

 


On sait que derrière ces femmes, il y a les mouvements radicaux salafistes ou tablighs qui encouragent ces "prisons ambulantes", ces "femmes fantômes" des quartiers pauvres. Pourquoi ces radicaux trouvent-ils une oreille attentive chez ces femmes en mal de reconnaissance ? Pourquoi une prescription vestimentaire antéislamique trouve-t-elle un tel écho chez des Françaises converties à l'islam ou des enfants d'immigrés jusque-là intégrés ? Pourquoi ces femmes veulent-elles faire reculer chaque jour davantage les limites de la loi républicaine ? Et si la burqa n'était que l'arbre qui cache la forêt ? Car les exemples aux manquements à la laïcité se multiplient : manifestations sportives interdites aux hommes, femmes demandant la non-mixité dans les piscines, maris refusant de faire soigner leur femme par des médecins hommes, mariage annulé par un mari répudiant son épouse non vierge et demandant l'aval de la loi républicaine.



Devant ces dérives, que fait notre République pour défendre et protéger ses femmes et ses filles de ce linceul noir qui les plonge dans un sommeil sans âge ? Certains s'interrogent, faut-il faire une loi, encore une ? Et dans cinq ans, une autre encore ? Contre les barbes et les kamis. Cette logorrhée législative sauvera-t-elle notre République et ses filles embastillées ? Certes, le président de la République a raison de dire que "la burqa n'est pas bienvenue dans notre pays", seulement au-delà de ce principe il faut que nous trouvions des armes efficaces pour éradiquer ce communautarisme, afin que le droit (légitime) à la différence ne se transforme pas en la différence des droits. Pour cela, il faut refonder notre modèle d'intégration dont les femmes sont le marqueur symbolique. Il y a vingt ans, mieux qu'une loi, le dispositif "Femmes relais" imaginé par Simone Veil a permis l'émancipation de milliers de femmes. À quand, monsieur le président de la République, un dispositif "Femmes debout" pour offrir une autre alternative que la soumission aux femmes des quartiers ? Faisons en sorte que mieux que le voile ou la burqa, la Halde protège ces femmes des discriminations. Que des préfets à l'intégration et aux droits des femmes soient nommés, et qu'ils deviennent les nouveaux hussards de notre République, plus noirs et déterminés que la burqa qui défigure notre rêve démocratique."

 

11:15 Ecrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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