samedi, 26 juin 2010

Conseil National du Mouvement Démocrate : La réforme des retraites est indispensable mais elle doit être juste

Le Conseil national du Mouvement démocrate, réuni le 26 juin, a arrêté la position Mouvement sur la réforme des retraites.

Dans une résolution en 9 points, adoptée à l'unanimité, le Mouvement Démocrate a rappelé l'impérieuse nécessite de mener la réforme des retraites pour faire face aux enjeux démographiques et budgétaires auxquels la France est confronté.

Cependant, cette réforme ne saurait être menée sans justice, sans responsabilité et sans reconquête de l'emploi et de la production. Ci-dessous, vous trouverez la résolution complète adoptée ce matin :


1- La réforme des retraites est vitale et ne saurait être différée. Il s’agit de la première des trois réformes que nous devons concevoir pour la France, retraites, santé et dépendance, finances publiques. Soutenir devant les Français cette démarche réformiste, c’est un acte de courage nécessaire. Si la France ne réussissait pas à conclure cette réforme, à la rendre humainement acceptable par tous, ou si la réforme était insuffisante, alors le pays se trouverait en danger.

2- Avant tout, la réforme des retraites doit s’accompagner d’une conquête de la production et donc d’une reconquête du travail tant en nombre d’emplois qu’en qualité du travail. L’absence d’une réflexion et d’une politique compréhensibles par les Français sur une stratégie industrielle, agricole, agro-alimentaire, des services, ou touristique, de notre pays se fait cruellement sentir. Si l’activité productrice de la nation est trop faible pour créer de l’emploi, pour les jeunes autant que pour les seniors, alors toutes les réformes échoueront.

3- Cependant, pour sauver les retraites par répartition, la réforme ne peut éviter de répondre au défi démographique. C’est le rapport déséquilibré entre le nombre des actifs et le nombre des pensionnés qui crée l’urgence. Le nombre des actifs ne cesse de baisser, notamment, c’est vrai, en raison de l’actuelle crise économique. Le nombre des pensionnés ne cesse d’augmenter, sous l’influence de la longévité, du dispositif « carrières longues » et de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations de l’après-guerre.

4- Nous considérons qu’il est raisonnable de faire glisser progressivement l’âge légal à partir duquel on peut faire valoir ses droits à la retraite de 60 à 62 ans. Si on choisissait de ne jouer que sur l’augmentation de la durée de cotisation, on créerait une situation dans laquelle tous les Français qui ont fait des études, tous ceux qui ont eu des carrières incomplètes seraient condamnés à ne pouvoir partir à la retraite que dans la zone des 70 ans ! Pour tous ceux qui seraient contraints de partir à la retraite avant cet âge, ce serait des retraites réduites, des pensions insuffisantes.

5- Trois conditions de justice doivent être satisfaites pour que la réforme soit acceptable par les Français. La première, c’est l’ouverture d’une retraite plus précoce pour les salariés entrés dans la vie professionnelle très tôt. Sous réserve d’expertise, la proposition de maintenir l’âge de 60 ans pour les carrières longues (entrée dans la vie professionnelle avant 18 ans) nous paraît raisonnable.

6- La proposition liant la reconnaissance de la pénibilité à une invalidité constatée de 20 % donnant lieu, de surcroît, au versement d’une rente pour maladie professionnelle ou accident de travail n’est pas recevable. Pour nous, la pénibilité doit être prise en compte, à l’image des accidents du travail, par une caisse autonome, alimentée par les entreprises au prorata des risques qu’elles font encourir à leurs salariés, ce qui entraînera une évolution vers des parcours professionnels diversifiés et les incitera à augmenter la prévention.

7- La volonté de déplacer de 65 à 67 ans l’âge du départ à la retraite sans pénalisation pour les carrières incomplètes est inacceptable ! 62 ans oui, 67 ans non ! Ce sont les salariés les plus fragiles, les femmes qui ont commencé ou recommencé à travailler après avoir élevé des enfants, les petits salaires qui ont « galéré » qui se trouvent ici en cause. Cette décision repose d’ailleurs sur un artifice comptable : quand elles font valoir leurs droits à la retraite, un très grand nombre de ces personnes ne travaillent plus ; elles sont au chômage, en fin de droits, aux minima sociaux ou sans ressources. Ce sont donc les caisses chômage ou les budgets sociaux qui doivent assumer la charge de leurs ressources.

8- Manque dans la proposition du gouvernement une orientation de justice très attendue des Français : l’égalité devant la retraite. L’unification des régimes de retraite doit lever les injustices si profondément ressenties par nos compatriotes : régimes spéciaux ; fonctionnaires par rapport aux salariés du privé ; travailleurs indépendants ; parlementaires ; retraites « chapeau ». Ces avantages plus ou moins secrets ou discrets font régner un sentiment de profonde injustice. Seule une unification, prenant en compte les droits acquis dans le passé mais donnant à tous les mêmes règles pour l’avenir, permettra de corriger les injustices et mettre fin aux privilèges. Nous croyons que la transparence généralisée, l’individualisation des droits, la connaissance de ces droits à tout moment de la carrière, le libre choix de la retraite à partir d’un âge légal, la simplification des régimes entraînant des gains de gestion, « retraite par points », ou par compte individualisé, doivent être l’horizon proche de nos systèmes de retraite.

9- Enfin, l’équilibre financier à court terme des régimes de retraite n’est pour nous ni acquis ni même approché par les timides décisions annoncées. Cet équilibre financier demeure pour nous une très lourde préoccupation. En particulier « l’augmentation » de 1 % (de 40 à 41 % !) de la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu nous paraît purement cosmétique. On ne résoudra pas le problème par des expédients comme ceux qui sont envisagés, épuisant en quelques années le Fonds de réserve des retraites qui devait être réservé aux générations d’après-guerre. Les efforts qui doivent être demandés, doivent l’être de manière durable et juste, proportionnée aux moyens réels de chacun et mettre à contribution des revenus, en particulier financiers, aujourd’hui en grande partie exonérés.

TÉLÉCHARGEZ ICI LA RÉSOLUTION SUR LES RETRAITES DU MOUVEMENT DÉMOCRATE

 

15:45 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 24 juin 2010

Infolettre de Marielle de Sarnez

mds.jpgChers amis,

Retrouvez la dernière infolettre de Marielle de Sarnez, députée européenne MoDem :

http://lalettredemarielledesarnez.eu/newsletters/lettre-d...

09:50 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 20 juin 2010

Interview Le Parisien

fanfan.JPGFrançois Bayrou accordé un entretien au quotidien "Le Parisien", dimanche 20 juin.

Le Parisien : Que vous inspirent les inondations dans le Var ? La France n'a-t-elle pas les moyens de mieux prévenir les catastrophes ?


François Bayrou : On est stupéfait devant la faiblesse de nos sociétés qui paraissent ultra-technologiques et qui sont en réalité si fragiles. Pourtant le principe de précaution est partout. Mais à chaque drame, il y a beaucoup d'émotion sur l'instant, puis plus rien après. Il faudrait une institution garantissant qu'après toute catastrophe, les leçons pour le long terme soient vraiment retenues.


Le Parisien : Allez-vous voter la réforme des retraites ?

François Bayrou : La réforme est indispensable. Ceux qui disent le contraire ne sont pas responsables. Porter l'âge légal de la retraite à 62 ans, c'est raisonnable. En revanche, il y a des injustices inacceptables. Sur la pénibilité, on ne peut qu'exiger après une vie de travail pénible, il faille pour partir à la retraite une invalidité constatée de 20 pour cent ! Mais ce qui me paraît le plus inacceptable, c'est le report de 65 ans à 67 ans pour partir sans pénalisation. Car passer de 60 ans à 62 ans, ce n'est pas la même chose que de passer de 65 à 67 ans. Ce sont des années où l'on a avancé en âge, où l'on est plus fragile.

Le financement de cette réforme vous paraît-il juste ?

Il n'est pas équitable. Je déplore le déséquilibre entre l'effort demandé aux salariés et celui demandé aux plus favorisés. La taxation des hauts revenus est cosmétique.

Pourtant, il y a le passage de 40 pour cent à 41 pour cent pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu ?

Dans la plupart des pays européens, la tranche la plus élevée se situe à 45 pour cent. Le 1 pour cent supplémentaire, ce n'est pas un effort, c'est faire semblant ! Un saut de 5 pour cent me semblerait bien.

Martine Aubry dit que si la gauche accède au pouvoir en 2012, elle reviendra sur la réforme. Vous y croyez ?

C'est une affirmation qui n'est pas responsable. Et d'ailleurs, elle ne le fera pas. Le PS devrait ouvrir les yeux. Les trois plans les plus durs imposés en Europe l'ont été dans des pays dirigés par des socialistes : Grèce, Espagne et Portugal. L'idée de revenir sur une réforme somme toute raisonnable revient à négliger la menace d'explosion des déficits. Je me refuse à mentir aux Français, même si ce n'est pas populaire.

Vos relations avec Nicolas Sarkozy sont-elles apaisées ?

Je suis en opposition à Nicolas Sarkozy, mais cela n'empêche pas de lui parler, particulièrement pour le mettre en garde. Le dialogue entre responsables, ce devrait être un devoir. Tous les décideurs devraient échanger leurs idées et leurs solutions, même et surtout lorsqu'ils ne sont pas d'accord entre eux, surtout en temps de crise.

Mais Nicolas Sarkozy vient mardi dans votre circonscription...

Il vient visiter la plus grande usine de moteurs d'hélicoptères du monde, qui fait la fierté de ceux qui y travaillent et de toute une région. Cette usine est pour ainsi dire dans mon village et je n'irai pas ? Je m'oppose, durement s'il le faut, mais ce n'est pas la guerre civile.

Dans un livre vous dénonciez ses "abus de pouvoir"...

Je ne changerais à ce livre ni un mot ni une virgule. Je maintiens que les orientations prises depuis trois ans vont à l'encontre des intérêts du pays. Je trouve anormal qu'on mélange intérêts politiques et intérêts privés. Exemple, l'opération sur le journal "Le Monde". La manoeuvre vise à ce que certains intérêts, affichés ou dissimulés, prennent le contrôle de ce grand journal.

La démocratie française se porte-t-elle mal ?

Ce qui est accepté chez nous ne le serait dans aucun autre pays. On a accepté que le président de la République nomme directement le patron de la télévision publique. Quelle régression ! Rien n'est plus abusif que d'utiliser le mot "actionnaire" pour parler de l'Etat à propos de l'audiovisuel public. La télévision ou la radio publiques n'appartiennent pas à l'Etat, encore moins au pouvoir, mais au peuple français qui paie la redevance. On rougit d'avoir à rappeler des principes républicains aussi élémentaires, dont plus personne ne semble se soucier.

Est-ce un abus de pouvoir ?

Oui. Nicolas Sarkozy et ceux qui l'influencent systématisent la prise du pouvoir dans les médias.

Vous reviendriez sur ce système si vous étiez élu à l'Elysée ?

Sans aucun doute. Je mettrais en place une haute autorité indépendante chargée de défendre le pluralisme. Et j'inscrirais dans la Constitution l'interdiction de certaines complaisance.

Êtes-vous surpris par les polémiques sur les revenus des ministres ?

Tout pouvoir absolu abuse du pouvoir. Le pouvoir rend stupide. Les cigares des uns, les avantages des autres... Ils ne voient plus de limites. On ne se rend pas compte à quel point les gens sont blessés par ces affaires. Il faut en finir avec ces privilèges, deux cent vingt et un ans après la Révolution, la France a besoin d'une nuit du 4-août.

Il y a un an, Dominique de Villepin voyait un climat prérévolutionnaire...

Les choses ne se reproduisent jamais à l'identique. Mais quelque chose bout dans la société française. Une rage contre tous ces abus.

Avec son nouveau parti, Villepin peut-il capter cette rage ?

Pour lutter contre ces abus, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Mais comment peut-on rester adhérent de l'UMP (NDLR : comme Villepin) et prétendre créer un mouvement d'alternative ?

Serez-vous candidat en 2012 ?

C'est la logique, mais on est très loin de 2012. L'orage que nous allons traverser est tel qu'on ferait mieux de se concentrer sur la conduite du bateau. Et pas sur ce qu'on fera lors de la prochaine étape.

Le centre a-t-il un avenir ?

C'est une grande famille politique, selon moi majoritaire dans le pays. Mais elle est minoritaire aujourd'hui parce que certains de ses membres ont accepté d'entrer en soumission d'un côté ou de l'autre. Pour moi, le centre ne peut être qu'indépendant.

Que vous inspire l'équipe de France de football ?

Le match, les insultes d'Anelka, cette ambiance de décomposition, tout cela est révoltant. Ce qui m'a frappé, c'est le nombre de gens qui m'ont dit : "Ce match est à l'image de la France d'aujourd'hui." Trop de communication, trop d'argent et, sur le terrain, comme une résignation. J'aime le foot, mais je trouve qu'on en fait trop à son propos. Cela rappelle les Romains, "panem et circenses", du pain et des jeux du cirque. Il y a des forces qui s'accommodent très bien de ce que les peuples soient détournés des vraies questions.

Propos recueillis par Martine Chevalet et Henri Vernet.

 

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vendredi, 18 juin 2010

Université de rentrée du Mouvement Démocrate sur la presqu'île de Giens (Var), les 24, 25 et 26 septembre 2010

MODEM.JPGLa prochaine université de rentrée du Mouvement Démocrate se déroulera les 24, 25 et 26 septembre 2010 sur la presqu'île de Giens (Var).

Pré-inscription par téléphone au 01 53 59 20 65.

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vendredi, 11 juin 2010

Conseil municipal

Chers amis,

La prochaine séance du conseil municipal se délocalisera et se tiendra le :

mardi 22 juin à 19h

Ecole du Colonel-Fabien

Pont-Yblon

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jeudi, 10 juin 2010

Appel du 18 juin

Chers amis,

Nous vous informons que la cérémonie relative au 70ème anniversaire de l'appel du 18-juin-1940 par le Général De Gaulle se déroulera le :

samedi 19 juin à 11h

place du 16-août-1943

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Interview François Bayrou

FB.jpgChers amis,

Retrouvez ci-dessous l'interview de François Bayrou parue dans La Croix :

Bayrou : « Il n’est pas question que je me rallie aux uns ou aux autres »



Dans un entretien exclusif à «La Croix» mercredi midi 9 juin, le président du Modem réfute toute idée de manoeuvre ou de ralliement à l'un ou l'autre camp, mais se dit prêt à accepter des compromis


 La Croix : Le centre droit et le centre gauche, est-ce pour vous le centre ou une partie de la droite et de la gauche ?

François Bayrou : Le centre ne peut être qu’indépendant. Chaque fois que quelqu’un éprouve le besoin d’ajouter l’adjectif (droit ou gauche) au nom (centre), c’est qu’il ne croit pas à la force du centre. Le centre, ce n’est pas un sous-produit de la droite et de la gauche, ce n’est pas « entre » la droite et la gauche, mais « autre » que la droite et la gauche.

Le centre, c’est deux choses : d’abord le choix du pluralisme contre la bipolarisation ; ensuite un projet et des valeurs différentes des deux partis actuellement dominants.

Un exemple : à droite comme à gauche, il y a un « fétichisme » de l’État : à droite, on rêve que l’État commande tout ; à gauche, on rêve que l’État pourvoie à tout. Or, il s’agit dans les deux cas d’une conception jacobine. J’ai une conception différente, plus girondine : je crois que la société doit se prendre en main ; la vie locale, l’entreprise, l’association, la famille, ce doit être aussi fort que l’État.

Et qu’est-ce qui vous distingue des centristes de la majorité (Nouveau Centre, radicaux, etc.) ?

J’ai refusé d’avaliser les dérives du pouvoir actuel tandis qu’ils les ont approuvées. Je suis dans l’opposition, ils sont au gouvernement et dans la majorité. Comment peuvent-ils contester aujourd’hui ce qu’ils ont applaudi hier et ce qu’ils votent tous les jours ? C’est cela la grande différence entre nous. Mais je n’ai pas oublié qu’ils ont été mes compagnons. Nous formons une famille politique. Elle se reconstituera. La période des recompositions politiques n’est pas terminée.

Le PS reste-t-il pour vous un interlocuteur possible ?

Il y a beaucoup de personnes au PS avec qui je me sens en phase, sur le plan intellectuel : Dominique Strauss-Kahn, Manuel Valls, Gérard Collomb, et bien d’autres encore issus du courant Delors-Rocard. Ma liberté, c’est de parler avec tous les responsables du champ démocratique français.

Vous avez été très sévère avec Nicolas Sarkozy, vous paraissez l’être un peu moins ces derniers mois…

Je suis très sévère à juste titre. Je m’oppose à Nicolas Sarkozy sur toutes les orientations qui sont pour moi dangereuses et erronées pour le pays et son histoire : faire de l’argent et de la réussite financière une valeur de société, la marchandisation de la société, traiter l’école comme une variable d’ajustement, ne pas respecter la séparation des pouvoirs, se comporter plus en chef de parti qu’en chef de l’État, vouloir verrouiller les médias, publics ou privés. Toutes ces critiques, je les assume. Ce que j’ai dit depuis trois ans, ce que j’ai écrit dans mon livre Abus de pouvoir (Plon), je ne vais pas l’effacer ou l’estomper.

Mais aujourd’hui, nous sommes devant une question majeure : celle des retraites. Toute ma vie, je me suis battu contre les déficits. Les Français savent que j’ai fait de ce sujet un avertissement central de ma campagne présidentielle de 2007. J’ai dit que si la réforme était raisonnable et juste, j’étais prêt à assumer le choix de la soutenir.

Je pose donc aujourd’hui trois conditions pour le soutien du MoDem. Une disposition qui rende justice aux carrières longues, à ceux qui ont commencé à travailler à 14, 15 ou 16 ans. Une autre qui prenne en compte la pénibilité de certains métiers. Enfin, le plus important de tout, pour quoi je me battrai comme un chien, et dont personne ne parle : le maintien du « filet de sécurité » des 65 ans. Les femmes qui ont élevé des enfants, ceux qui ont été au chômage, tous ceux-là n’ont pas les annuités mais ont la possibilité de partir à la retraite sans pénalisation à 65 ans. C’est la mesure la plus sociale, parce qu’elle s’adresse aux moins favorisés.

Pour l’instant, ces trois conditions ne sont pas remplies. Je multiplie les messages pour qu’elles le soient.

Vous avez approuvé la perspective d’inscrire dans la constitution la limitation des déficits.

Je ne l’ai pas approuvée, je l’ai proposée depuis dix ans. Seule la Constitution peut obliger les gouvernements à être raisonnables. Mais, comme le souligne le PS, une majorité ne doit pas ligoter la suivante. C’est une objection fondée. C’est un grand débat, peut-être le plus important de la décennie. C’est donc au peuple d’en décider par référendum.

Les responsables de la majorité laissent entendre qu’il y aurait un « réchauffement » entre vous et Nicolas Sarkozy. Qu’en est-il ?

L’idée que je pourrais « dealer », entrer dans une manœuvre avec qui que ce soit, est une idée enfantine ! Si j’avais voulu faire des manœuvres, il y a longtemps que j’aurais accepté les propositions diverses et variées, les dorures, les privilèges, les chapeaux à plumes. Or je me suis inscrit, volontairement, dans le dur et austère chemin de l’opposition, sur les principes !

Le terme de « réchauffement » est donc inapproprié ?

Il y a un terme qui est approprié : celui de responsabilité. Dans la tempête que nous traversons et que nous allons encore traverser – cette crise est la plus grave que la France ait jamais connue depuis la guerre –, je revendique le dialogue entre les hommes responsables. Je parle avec les leaders du PS.

Je parle avec les responsables de l’exécutif : le premier ministre et le président de la République. Certains le rendent public, d’autres pas. Et je parle évidemment aussi avec ceux qui sont comme moi issus de l’UDF et dont j’ai été séparé par le débat que nous avions sur la juste politique suivie. Croyez-moi : personne n’a la vérité à lui tout seul ! Pas plus les gouvernants que les opposants. Il faut donc parler, confronter les idées pour trouver le juste chemin.

En même temps, si les erreurs ou les fautes commises ces trois dernières années se perpétuent, je les dénoncerai avec la même implacabilité.

Quelles leçons avez-vous tiré de l’échec du MoDem aux élections régionales ?

Il y a des moments où l’on n’est pas compris. Et puis, nos candidats étaient nouveaux, donc peu connus. Est-ce une raison pour s’arrêter ? Les difficultés ne doivent pas faire peur. Un jour, les Français comprennent, et plus on a résisté aux orages, plus ils ont confiance en vous ! Il n’est donc pas question que je me rallie aux uns ou aux autres. Tout ralliement est contre nature pour moi.

Nos idées sont suffisamment claires et solides pour n’être pas remises en question au moindre vent. Nous pouvons, comme dans les collectivités locales, accepter des compromis, imaginer des contrats. Mais pas question de manœuvres, d’aucune sorte. Surtout quand c’est difficile, il faut être irréductibles. C’est ma ligne de vie.

Recueilli par Laurent de BOISSIEU et Solenn de ROYER

http://www.la-croix.com/-Il-n-est-pas-question-que-je-me-...

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mardi, 08 juin 2010

Retrouvez le n°5 des "Démocrates", le journal du Mouvement Démocrate en ligne

Chers amis,

Nous vous invitons à découvrir en ligne le dernier numéro des Démocrates :

http://www.mouvementdemocrate.fr/vie-du-modem/telechargem...

Bonne lecture !

19:36 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 04 juin 2010

"L'article premier de tout acte d'existence du centre, c'est l'indépendance. Je ne ferai sur ce point central aucune concession à qui que ce soit."

fanfan.JPG Dans un courrier adressé ce vendredi 4 juin aux adhérents du Mouvement Démocrate, François Bayrou réaffirme l'indépendance du Mouvement Démocrate, mais aussi la nécessité de dialogue entre les responsables politiques pour trouver des réponses responsables à la hauteur des enjeux auxquels la France est confrontée.

Chers amis,

Depuis quelques jours, on entend un certain nombre de commentaires sûrement très bien intentionnés prétendant que nous préparerions un « changement de ligne », un infléchissement de notre action en direction de l'actuelle majorité, en forme de « retour ».

Cela mérite une mise au point claire et nette pour éviter rumeurs et intoxications.

Nicolas Sarkozy m'a invité à le rencontrer en privé au mois d'avril. Lorsque le président de la République m'invite, hier François Mitterrand ou Jacques Chirac, aujourd'hui Nicolas Sarkozy, je considère comme normal d'accepter cette rencontre. Je fais de même lorsqu'il s'agit du Premier ministre ou des leaders de l'opposition de gauche. La situation de notre pays est suffisamment grave pour que les responsables conscients des difficultés (ils ne sont pas si nombreux) acceptent d'échanger leurs points de vue, y compris de manière informelle et en toute liberté.

Cela s'impose d'autant plus dans les jours de crise que nous traversons. Devant ces difficultés, que j'avais prédites depuis longtemps, personne ne peut affirmer qu'il a la solution. Tout le monde cherche, tout le monde sait (ou devrait savoir) que nous allons vers des temps difficiles, et dans les temps difficiles il n'est pas inutile de réfléchir ensemble. Nous sommes en désaccord, parfois violent, c'est normal, c'est la démocratie, mais nous ne sommes pas en guerre civile. C'est le point de vue que j'ai toujours défendu et que je défends d'autant plus aujourd'hui.

Parler entre responsables, sans concessions et sans compromissions, pour moi, pour nous, c'est le b-a ba d'une démocratie de citoyens adultes. Je vous le dis clairement, je continuerai de le proposer, et de le mettre en pratique.

À ce titre, je revendique avec fierté que nous ayons ces derniers mois tendu la main à une partie de la gauche, social-démocrate, en espérant qu'elle oserait un jour affirmer son identité. Pour l'instant, cela n'a pas été le cas, mais nous avons eu raison de tendre la main et nous devons continuer à le faire !

Il n'y a pas de démocratie sans confrontation des idées et sans dialogue. Et la crise fait du dialogue une obligation.

Cette rencontre avec le président de la République a eu lieu au moment où trois dossiers étaient ouverts par le gouvernement : la burqa, les retraites, et les collectivités territoriales.

Sur la burqa, sujet épineux, mis en scène d'abord (ne soyons pas dupes) pour des raisons électorales, mais qui trouble beaucoup de Français, particulièrement de femmes, j'ai indiqué que le texte du gouvernement qui dit seulement qu'en France « nul ne doit dissimuler son visage dans l'espace public » me paraissait raisonnable. Si ce texte ne change pas, je le voterai. C'est aussi le sentiment de notre ami Abdoulatifou Aly, député de Mayotte, seul député musulman de notre Assemblée nationale. Nous sommes ainsi fidèles à notre ligne de conduite : quand une décision nous paraît acceptable, nous votons oui ; si elle ne l'est pas, nous votons non.

Sur les retraites, question très lourde (trente milliards d'euros de déficit cette année), j'ai indiqué qu'une réforme était indispensable. Certains disent que la réforme peut être évitée ! Pour moi, cette position est irresponsable. Donc, si la réforme proposée est raisonnable, je la soutiendrai. Dans le cas contraire, je ne l'approuverai pas.

Des financements nouveaux doivent être trouvés et mettre à contribution des revenus, notamment du capital, qui jusqu'à maintenant échappaient à la solidarité.

Il faut augmenter le nombre d'actifs par rapport au nombre des retraités pour que la charge soit supportable. Cela ne pourra se faire que par une politique qui permette de créer davantage d'emplois en France, par une reconquête de productions nouvelles ou de productions que nous avons laissé s'en aller. Personne n'en parle et c'est pourtant là la clé, la seule clé du problème des retraites, comme c'est la seule clé du pouvoir d'achat, ou de l'intégration par exemple.

Il demeure qu'il faudra travailler plus longtemps ! C'est le courage de le dire.

Comment y parvenir ? Faut-il faire glisser l'âge légal, progressivement, au-delà de 60 ans ? Pour moi, comme pour Dominique Strauss-Kahn, cet âge n'est pas tabou. À condition que soit traitée la question de la pénibilité de certains métiers, ce qui pour l'instant n'est pas fait.

Faut-il augmenter le nombre d'années de cotisations ? Cette solution qui a la faveur du PS et de certains syndicats n'est pas interdite non plus. Mais cela signifie que pour tous ceux qui ont fait ou feront des études, la retraite serait reportée bien au-delà de 65 ans. Les deux solutions ont leurs inconvénients : peut-être faut-il combiner les deux ? Nous en débattrons d'ici au 26 juin, date à laquelle le Conseil national arrêtera nos propositions. En attendant le débat dans nos rangs est ouvert à partir d'une note d'orientation que vous avez reçue il y a quelques semaines ( cliquez ici ).

En tout cas, je suis décidé à défendre le seuil (aujourd'hui fixé à 65 ans) où on peut faire valoir ses droits à la retraite sans décote même si l'on n'a pas le nombre de trimestres exigé. Ce « filet de sécurité » est très important, par exemple pour les femmes qui ont repris le travail après avoir élevé des enfants, ou pour ceux qui ont connu la « galère » du chômage, ou pour ceux qui ont travaillé à l'étranger, par exemple.

Il faudra enfin penser la vraie réforme, je devrais dire la vraie refondation des retraites, celle qui assurera l'équilibre sur le long terme et permettra à chacun d'adapter librement sa retraite aux conditions particulières de chaque vie professionnelle ou familiale. Pour nous, nous plaidons depuis dix ans pour un système de retraite à points, ou de comptes personnels, où chacun sait, à tout moment, où il en est. C'est le seul moyen, sur le long terme, d'assurer l'avenir de la retraite par répartition. J'ai été heureux de noter sur ce sujet des prises de position nouvelles, par exemple les déclarations de la CFDT. J'ai demandé au gouvernement de faire de cette réflexion sur une réforme à long terme, par exemple à l'horizon 2020 ou 2025, un chapitre important de sa proposition.

En tout cas, il n'existe pour moi aucune possibilité responsable et juste de ne pas faire de réforme. Il suffit, dans les rues de nos villes ou villages, de compter les retraités, de plus en plus nombreux, et les actifs, de plus en plus rares, pour voir que nous allons dans le mur. Et aller dans le mur, cela signifie, comme en Grèce, en Espagne ou au Portugal baisser brutalement les retraites de 10 °/ ou de 15 °/. Cela, je ne l'accepte pas et je ne serai pas complice d'une telle lâcheté.

Enfin sur les collectivités locales, j'ai combattu à la tribune de l'Assemblée nationale, et je continuerai à combattre le projet du gouvernement de faire élire les futurs conseillers territoriaux à l'actuel scrutin cantonal, ce qui serait la consécration du bipartisme, un recul de l'idée régionale, une renoncement insupportable à la parité et au pluralisme. Selon moi, une telle loi serait inconstitutionnelle et définitivement inopportune ( lire intervention ).

Savoir approuver quand une décision va dans le bon sens, combattre les décisions injustes, cela a toujours été notre ligne de conduite. J'en suis fier et je le revendique.

Cela signifie-t-il une quelconque connivence avec le pouvoir actuel ? Je vois bien la manœuvre qui tente de le faire croire. Mais ceux qui conduisent cette intoxication se mettent le doigt dans l'oeil et il convient, charitablement, de les détromper...

J'ai, depuis le premier jour, mis en garde contre les risques que faisait courir la politique de Nicolas Sarkozy.

Cela n'a rien à voir avec une mésentente personnelle. Je ne dis pas qu'il n'a aucune qualité, d'énergie par exemple. Je ne lui fais pas porter des responsabilités qui ne sont pas les siennes : je sais bien qu'il n'est pas directement responsable de la crise, même si cette crise est celle du capitalisme qu'il défendait.

Mais mon jugement n'a pas changé : les orientations de Nicolas Sarkozy ont porté atteinte à des principes pour nous essentiels.

La justice fiscale a été niée par le « bouclier fiscal ». Les déficits ont explosé, et pas seulement à cause de la relance. L'éducation est maltraitée, sans vision, et dans une approche uniquement comptable. L'indépendance des médias est mise à mal par la nomination directe des responsables de l'audiovisuel public. Le mélange des affaires privées et des affaires publiques a été une réalité de tous les jours. La séparation des pouvoirs est malmenée. Le président porte atteinte à la fonction qu'il exerce en se présentant constamment comme chef de parti.

Tout cela, je l'ai dit, directement, à Nicolas Sarkozy chaque fois que je l'ai rencontré. Et pour que nul n'ignore quel est mon jugement sur ces graves erreurs, j'ai écrit un livre « Abus de pouvoir » qui n'était ni un pamphlet, ni un mouvement d'humeur, mais un diagnostic et une défense des principes démocratiques et du modèle républicain français.

Nous avons combattu sans relâche ces choix qui ont aggravé la situation de notre pays ou l'ont empêché d'avancer. Ce combat, pour moi, n'a pas cessé et ne cessera pas.

J'observe d'ailleurs que ce diagnostic, que nous avons formulé depuis trois années, et souvent seuls, est aujourd'hui largement partagé.

Tout cela peut-il être corrigé ? Si c'était le cas, tant mieux. Mais cela me paraît, à tout le moins, résolument improbable.

Restent les débats sur le « centre », auquel désormais on semble trouver tant de charmes et de vertus.

Pour moi, les choses sont limpides : un centre indépendant est vital pour la démocratie française. Ce courant politique est un des piliers de la vie publique. Il est le garant du pluralisme nécessaire puisqu'il empêche le simplisme de la bipolarisation droite/gauche. Il conjugue la démocratie avec la République. Il refuse que la guerre des deux camps soit le seul horizon de notre vie publique. Il se bat contre le monopole du pouvoir attribué à qui que ce soit. Il veut à la fois la justice sociale et une économie inventive et créative, c'est-à-dire libre. Il considère que l'éducation est la pierre de fondation de tout progrès humain. Il défend notre patrimoine naturel comme un bien commun et prend au plein sens du terme l'association des deux mots « développement » « durable ». Il pose comme principe que l'économie financière ne doit pas gouverner le monde et doit être régulée. Et il sait qu'un tel projet de société ne se défend pas si l'Europe n'est pas forte, unie et libre. Ce projet politique est en confrontation, et souvent en opposition avec les idéologies portées aujourd'hui par l'UMP et par le PS. Il ne peut donc accepter de se laisser satelliser par aucun des deux partis actuellement dominants.

Il peut chercher et trouver des compromis, mais il refuse les compromissions. Il est ouvert, mais il est intègre. Et il ne doit accepter aucune concession, ni sur l'ouverture, ni sur l'intégrité.

C'est pourquoi l'article premier de tout acte d'existence du centre, c'est l'indépendance. Je ne ferai sur ce point central aucune concession à qui que ce soit.

La faiblesse actuelle de ce courant politique vient de sa division et, pour certains, de sa soumission. Division et soumission, ce sont les deux causes de sa faiblesse électorale actuelle. Je ne ménagerai pas mes forces pour qu'il se rassemble, et pour qu'il se redresse.

En tout cas, sa mission est de préparer et d'offrir une alternative réaliste, crédible à la politique qui a été suivie depuis trois ans.

C'est parce que je crois à la force et à l'avenir de cette famille politique que j'ai été, je suis, et je serai intransigeant sur le respect de ses principes. Cela demande courage et caractère ? Tant mieux ! C'est ainsi que se forgent et s'éprouvent les vraies aventures humaines.

Je vous prie de croire à mon amitié.

François BAYROU

18:54 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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