jeudi, 24 mars 2011

Libye: "Employer le mot de croisade est une faute grave", déplore François Bayrou

bayrou-portrait-big.jpg François Bayrou, invité de l'émission "Questions d'Info" sur LCP et France Info, mercredi 23 mars, a estimé que le ministre de l'Intérieur Claude Guéant avait commis "une faute grave" en employant le mot de "croisade" pour qualifie l'intervention militaire en Libye.

"Il est dangereux de faire de la politique sans connaître l'Histoire et la mentalité des peuples. Le mot croisade est un signe de ralliement de toutes les sensibilités musulmanes contre l'Occident", a déclaré le président du MoDem.

Parler de "croisade" est une faute.

"Choisir cet emblème-là, utiliser ce mot, c'est à mon sens grave. C'est une faute", a-t-il poursuivi, en ajoutant : "Si vous voulez rassembler autour de Kadhafi toutes les sensibilités qu'il cherche à atteindre, utilisez ce mot-là !".

Lundi, au Talk Orange Le Figaro, Claude Guéant a rendu hommage au rôle de Nicolas Sarkozy pour l'intervention en Libye en affirmant : "Heureusement, le président a pris la tête de la croisade pour mobiliser le Conseil de sécurité des Nations unies, et puis la Ligue arabe et l'Union africaine".

Pour François Bayrou, "on n'est pas dans des choses à la surface, pas dans des choses de mode, on est dans la mémoire collective des peuples". "C'est extraordinairement puissant (la mémoire collective) même si on ne s'en aperçoit pas et donc, ignorer à ce point l'Histoire, oui c'est une faute", a-t-il insisté. Comme on lui demandait si cela pouvait "faire basculer le conflit", il a répondu : "J'espère bien que non. Mais franchement, on aurait voulu donner un coup de main à Kadhafi, on ne s'y serait pas pris autrement".


Avec le "ni, ni", Nicolas Sarkozy "met un signe égal entre le PS et le FN"

Pendant cette émission, François Bayrou, a également jugé qu'en prônant "le ni, ni" (ni FN, ni front républicain), Nicolas Sarkozy mettait "un signe égal entre le PS et le FN", et a ajouté : "ce n'est pas vrai".

Il a souligné qu'il y avait "une ligne de fracture à l'intérieur de la majorité entre ceux qui partagent ce sentiment (d'un danger des thèses du FN, ndlr) et (qui pensent) qu'il ne faut avoir aucune complaisance à leur endroit, et ceux qui disent : il y a un signe égal entre le PS et le FN, c'est la même chose". "Or, ce n'est pas la même chose".

A propos des thèses du FN, le président du MoDem a estimé que "diviser les Français entre eux sur les questions de religion et d'origine ethnique, (c'était) un danger mortel pour un pays comme le nôtre". "Si vous divisez le peuple contre lui-même, vous affaiblissez le pays et on ne s'en relèvera pas". Il a insisté aussi sur "la sortie de l'euro" prônée par le Front national, "un danger mortel". "Ce serait des larmes de sang pour les plus pauvres", a-t-il dit.

Le Centre "en ordre de bataille à l'automne"

Enfin, "Questions d'info" a vu l'occasion d'aborder la situation du Centre dans l'échiquier politique français. Pour François Bayrou, le Centre sera "en ordre de bataille à l'automne", dans la perspective de la présidentielle de 2012.

Le député des Pyrénées-Atlantiques a adressé un message aux centristes de l'UMP : "Si vraiment vous avez compris qu'il faut se détacher en profondeur de ce que vous avez fait pendant des années, alors nous avons à travailler ensemble et nous avons un jour ou l'autre à retrouver une solidité, une indépendance, une liberté dont nous avons permis l'exercice, parce que nous, MoDem, nous avons la liberté politique et l'indépendance y compris financière, qui seules peuvent permettre d'avoir une démarche authentique", a-t-il dit.

"Pour ceux qui sont de bonne foi, nous avons à travailler ensemble pour qu'il y ait en France un courant au centre, indépendant, à vocation majoritaire, pas un courant du centre qui dise : nous ne pouvons être alliés qu'avec l'UMP ", a-t-il poursuivi. Qualifiant "cette échéance", d'"heureuse", M. Bayrou a jugé "formidable qu'on en soit là". "Tout d'un coup, on voit une séparation (dans l'opinion) extrêmement forte de la manière dont le pouvoir est exercé en France, dans ses orientations et dans son style".

François Bayrou s'est montré optimiste sur l'émergence d'un "centre indépendant". "Ca va se faire", a-t-il affirmé. Invité à dire quand les centristes seraient en ordre de bataille, il a répondu: "nous serrons en ordre de bataille à l'automne". "L'automne, ça va du 21 septembre au 21 décembre", a-t-il précisé. "Des recompositions auront lieu et c'est une bonne chose", a conclu le président du MoDem

12:55 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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