lundi, 26 septembre 2011

Jacqueline Gourault aisément réélue !

J Gourault.jpgChers amis,

Nous vous invitons à découvrir ci-dessous un article paru sur le site de Marianne 2 et relatif à la réélection de Jacqueline Gouralut, sénatrice démocrate du Loir-et-Cher. Elle est la preuve qu'en politique le courage et le travail paient.

http://www.marianne2.fr/pericolegasse/Belle-victoire-pour...

 

Condamnée d’avance par ses anciens amis pour être restée fidèle à un Modem en pleine débâcle, madame le sénateur du Loir et Cher a été réélue dimanche au premier tour en faisant mordre la poussière à ses challengers. Une leçon d’honneur au pays des rats.

Au moment de la débâcle de mai 2007, alors que tous ses lieutenants avaient fui, trahi ou déserté François Bayrou pour se jeter dans les bras de Nicolas Sarkozy, Jacqueline Gourault était restée sur le bateau de ce qui allait devenir le Modem. Une forme de loyauté et de courage plus si courante que ça à l’heure où les rats quittent facilement le navire pour sauver leur fromage.   

D’autant que, parmi les transfuges, figurait son ami Maurice Leroy, député et président du conseil général du Loir et Cher, auquel, pour avoir été le plus fervent des bayrouistes, elle avait dit ses quatre vérités en terme assez peu amènes. Malgré les risques qu’elle encourait politiquement, le sénateur-maire de La Chaussée Saint Victor, près de Blois, n’a jamais transigé sur les principes de la morale politique.   

Déjà, en 1998, cette démocrate-chrétienne s’était farouchement opposée à toute alliance de la droite avec le Front National, obligeant Bernard Harang, candidat UDF élu avec des voix lepénistes, à démissionner illico de la présidence de la Région Centre pour laisser la place au socialiste Michel Sapin. Une posture de dignité qui laissa les observateurs pantois. Face à son refus intransigeant de lâcher Bayrou et d’appeler à voter Sarkozy au deuxième tour en 2007, ces mêmes prédisaient sa perte il y a encore quelques semaines : « Elle est folle, elle va se faire broyer ».  

Aux pires creux des plus mauvaises vagues qu’ait connues le Modem, pas une seule fois cette femme n’a eu le moindre doute, ni la moindre tentation d’abandon d’un combat apparemment sans issue. Un bloc enraciné dans ses certitudes, malgré un sourire angélique et des manières affables. Restée sourde aux appels à la raison lancés par ses complices d’hier, autant qu’insensible aux menaces et avertissements à elle adressés par l’UMP et le Nouveau Centre pour fatiguer son obstination, du genre : « Jacqueline, si tu persistes dans cette hérésie, nous serons obligé de présenter quelqu’un contre toi aux prochaines sénatoriales et vu le poids du Modem en Loir-et-Cher, ton compte est bon » » eh bien Jacqueline est remontée au front. 

Qu’à cela ne tienne, bravant la logique des rapports de force et les décomptes d’une arithmétique électorale qui lui laissait peu d’espoir, fière comme la Loire, madame la sénatrice n’a pas dévié son cours. Après une campagne de terrain, village après village, pour faire constater à ses détracteurs et accusateurs d’hier combien c’est eux qui avaient fait fausse route, Jacqueline Gourault a été triomphalement réélue au premier tour des sénatoriales de dimanche, le challenger UMP que Maurice Leroy avait désigné contre elle, Guy Vasseur, s’étant ramassé avec 25% des voix. Quant à Maurice Leroy, ministre de la ville, il a été battu par le socialiste Jeanny Lorgeoux. Il est encore des terroirs où l’honneur n’est pas qu’une illusion dans cette putain de république. 


14:51 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 25 septembre 2011

Un représentant de notre territoire au Sénat !

Chers amis, 

Nous nous félicitons de l’élection de Monsieur Vincent Capo-Canellas au Sénat. Mr Capo-Canellas a su mener une liste de rassemblement des centristes de toutes obédiences (démocrates, néo-centristes, radicaux), représentant ainsi la fibre centriste telle qu’elle existe à la Haute-Assemblée. Au-delà de l’aspect purement politique, notons que cette élection est une véritable chance pour notre territoire de Dugny et de la Communautéd’Agglomération de l’Aéroport du Bourget. Mr Capo-Canellas sera un relais efficace et indispensable afin de défendre au mieux nos intérêts, et d’une manière générale les intérêts des séquano-dyonisiens, et ce en dépassant les clivages politiciens. Encore toutes nos félicitations à Monsieur le Sénateur !

18:18 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 20 septembre 2011

"Il faut remettre dans la vie politique française de l'honnêteté civique !"

FB 160907.jpgInvité de Patrick Cohen sur France Inter mardi 20 septembre, François Bayrou a admis s'être vu proposer des financements occultes par des porteurs de valises qu'il a "renvoyés de manière indiscutable", et s'est par ailleurs dit "gêné" par l'intervention de DSK, réglée "jusqu'au moindre soupir".

"Ce que nous vivons fait honte à tout le monde", a lancé le député des Pyrénées-Atlantiques, en s'insurgeant "contre la multiplication de réseaux rivaux de corruption". 

"Qu'on ait installé au cœur de l'Etat des réseaux entiers !", s'est-il exclamé, "toutes ces affaires qui viennent scandaliser l'opinion : l'affaire Takieddine, Karachi, Tapie dans un autre genre, Bourgi...", a-t-il énuméré à propos de différents dossiers mêlant argent et politique. "C'est une honte !" 

A propos de valises de billets qu'on lui aurait proposées, il a répondu que "les gens qui l'auraient fait se sont vu renvoyer de manière absolument indiscutable". 

"Lorsque des propositions de cet ordre m'ont été faites, les porteurs de valises se souviendront assez longtemps des réponses qu'ils ont entendues". 

"C'est juste pour dire qu'on peut dire non", a insisté François Bayrou. "On peut évidemment remettre dans la vie politique française quelque chose d'élémentaire, qui est une honnêteté civique". 

Sur un autre sujet, il a confié avoir été "gêné" par l'intervention télévisée de Dominique Strauss-Khan dimanche sur TF1, tant elle était "réglée jusqu'au moindre soupir". 

"Il y avait quelque chose de gênant dans la manière dont c'était si évidemment préparé, dont les communicants - comme on dit - avaient pris tout cela en main, dont tout était réglé jusqu'au moindre soupir". 

François Bayrou a trouvé aussi gênante "la posture dans laquelle il dit : 'j'ai commis une faute morale' mais il place en accusation cette femme, Nafissatou Diallo, qui, pour le moins qu'on en puisse dire, s'est trouvée dans cette affaire sans le vouloir".

 

21:02 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 19 septembre 2011

Ordre du jour du Conseil municipal du 26 septembre 2011

Vous trouverez ci-dessus l’ordre du jour du Conseil municipal du lundi 26 septembre, à 19h, Salle Henri-Salvador :

 

 Communication des décisions du maire. 

1) Dotation de Développement Urbain (D.D.U.) 2011 ;

2) Modification n° 2011/1 de l’AE/CP 2011 ;

3) Groupement de commandes pour passation d’un marché de prestations de services entre la ville de Dugny et le Centre Communal d’Action Sociale de Dugny ;

4) Atelier Santé Ville : convention auprès de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE) ;

5) CLSPD : a) Bilan 2010

                      b) Orientations 2011 ;

6) CUCS :      a) Bilan 2010

                     b) Programmation 2011 ;

7) Ecole municipale des sports : projet pédagogique ;

8) Ludothèque : demande de subvention CAF ;

9) Activités de loisirs 13-17 ans : subvention d’investissement CAF ;

10) Chantier jeunes : convention auto-école ;

11) Mise à disposition d’équipements sportifs : convention avec le Conseil Régional et le Lycée Rabelais ;

12) Prestations périscolaires 2011-2012 : études surveillées et garderies municipales ;

13) Organisation des services : organigramme (étape 6) ;

14) Astreintes : règlement et modalités d’application ;

15) Régime indemnitaire : indemnités horaires d’enseignement pour la filière culturelle/enseignement ;

16) Adhésion de la commune de Bois-d’Arcy : SIGEIF ;

17) Adhésion de la commune de Ris-Orangis : SIFUREP ;

18) Rapport annule d’activité 2010 du syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Ile-de-France (SIGEIF). 

Communications diverses.

22:07 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 16 septembre 2011

"Les enjeux écologiques exigent de nouveaux compromis historiques"

jlb 32.jpgYann Wehrling.jpgJean-Luc Bennahmias, député européen et responsable des questions de sociétés au sein du shadow cabinet, et Yann Wehrling, porte-parole du Mouvement Démocrate et responsable de l'Environnement et du Développement durable au sein du Shadow cabinet, ont publié le 16 septembre 2011 un tribune dans Le Monde, déclarant que "plus que tout autre, les sensibilités écologistes transcendent aujourd'hui les schémas établis".

"C'était ficelé, écrit et circulez braves gens, les écologistes avaient pour mission sacrée de s'unifier dans un seul bloc pour engager le changement des politiques publiques. Dans le sillage d'Europe Ecologie-les Verts, le chemin ainsi tracé devait mettre un terme à la diversité (certains disent la complexité) des écologistes. Quelques mois seulement après le meeting fondateur de Lyon, la situation est loin du scénario esquissé. 

Mais est-ce un mal ? Car entre des mouvements écologistes divers comme Cap 21, Génération Ecologie ou encore le MEI (d'Antoine Waechter), des écologistes au Parti Socialiste (Aurélie Filippetti...), au Front de gauche (Martine Billard...), et des écologistes au sein même de la majorité: NKM et Chantal Jouanno ou encore Serge Lepeltier chez les Radicaux Valoisiens, les écologistes sont partout et témoignent, qu'on le veuille ou non, chacun à leur manière de cet état des lieux. 

Plus que tout autre, les sensibilités écologistes transcendent aujourd'hui les schémas établis. En dépit des initiatives, des pratiques politiques et médiatiques, il n'est jamais simple d'enfermer des gens dans des cases. Le débat ne saurait se résumer entre les pour et ceux qui seraient contre l'écologie car qui peut se déclarer ouvertement contre l'écologie aujourd'hui ? 

Si Europe-Ecologie-les Verts a su réunir une grande majorité des écologistes, nul n'est de fait le représentant unique de l'écologie politique. Cette diversité est une richesse. Dans les prochains mois, plus que le rassemblement illusoire, il s'agit plus que jamais de faire bouger les lignes, d'opter pour le choix de la cohérence et de s'adresser aux citoyens. C'est en tout cas notre démarche entamée il y a maintenant plusieurs années à la création du Mouvement Démocrate. 

Les contradictions multiples des uns et des autres ont trop longtemps verrouillé le débat et empêchent encore de passer du stade revendicatif, à celui convoité des réalisations, répétons le inlassablement : le but commun. 

Le bilan gouvernemental français reste à l'évidence très contrasté. Après des dizaines d'années de combat écologiste et en dépit de succès non négligeables, notre pays reste à la traîne. Nos habitudes de consommation et de production ne sont certes plus les mêmes qu'il y a dix ou vingt ans, mais en France, l'écologie n'est pas devenue la locomotive du changement. 

Nos entreprises ne détiennent pas la place qu'elles devraient avoir dans la nouvelle économie du renouvelable, de la sobriété et du recyclage. Nous ne sommes pas les mieux placés, loin de là, dans les objectifs que nous nous sommes fixés à l'horizon 2020 : atteindre les "3x20 européens" (20 % d'énergies renouvelables, 20 % d'efficacité énergétique, - 20 % d'émissions de CO2). Les lobbies en tout genre, tout en faisant bien moins de bruit, n'ont eu de cesse de contrecarrer et de caricaturer nos propositions avec toujours plus d'efficacité. Pour des millions de personnes, notamment les classes populaires, l'environnement est une aspiration qui reste désespérément hors de portée. En Europe, l'industrie agroalimentaire intensive n'est pas réellement repensée malgré de nombreux efforts, tandis que l'on peine à atteindre nos seuils voulus en terme de production saine et/ou biologique. 

Il est donc grand temps d'éclaircir le débat. A ce niveau, les semaines qui viennent sont une occasion unique de mettre chacun en face de ses responsabilités. 

Peut-on être favorable aux moratoires sur tout ? Peut-on être pour moins de nucléaire, être anti-gaz de schistes tout en tirant à boulets rouges contre l'installation d'éoliennes ? Peut-on être contre le développement autoroutier et la construction de nouveaux aéroports tout en étant contre l'installation de nouvelles lignes TGV ? 

Si nous sommes aujourd'hui devant l'impératif d'une majorité politique alternative à Nicolas Sarkozy et à l'UMP, seul un projet cohérent et global, qui passe forcément par des compromis, portera en lui les changements attendus sur le terrain. 

Ce projet ne sera pas là pour faire plaisir à quelque lobby que ce soit, il visera à recueillir l'adhésion d'une majorité politique, au-delà des clivages habituels. Certes une telle démarche peut paraître parfois contraire aux impératifs d'annonce facile qu'on peut faire dans une campagne électorale, mais c'est aujourd'hui indispensable si nous voulons imaginer un horizon énergétique à 2050 aussi réaliste qu'audacieux qui emporte le soutien large de nos concitoyens. Le défi qui est devant nous est immense. Il s'agit de réduire réellement et durablement nos émissions de gaz à effet de serre, et donc de mettre un terme à notre dépendance aux énergies fossiles, tout en répondant à la très grande inquiétude relancée sur le nucléaire après la catastrophe de Fukushima. La question nucléaire doit enfin prendre toute sa place dans la campagne qui s'engage. Ce sera un des points capitaux. De la même façon, pour se porter à la hauteur de la situation, la question de l'aménagement du territoire, de la décentralisation de nos productions, la prise en compte de la mesure des différents risques énergétiques, la question de la fiscalité comme de la dette, exigent des compromis historiques. Ce sont des marqueurs qui s'imposent à tous et qui exigent de fait un réel débat de fond sans tabou."

 

17:18 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 15 septembre 2011

Conseil municipal

Le prochain conseil municipal aura lieu le

lundi 26 septembre

à 19h

Salle Henri-Salvador

00:06 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 14 septembre 2011

"La faillite de la Grèce serait la faillite de l'Europe !"

mareille 230909 2.jpgMarielle de Sarnez, députée européenne, est intervenue sur la Grèce en session plénière du Parlement européen à Strasbourg, mercredi 14 septembre. 

Pour la 1re vice-présidente du Mouvement Démocrate, la faillite de la Grèce "n'est pas une option" et aurait "des conséquences incalculables et un coût exorbitant" pour l'ensemble de la zone euro.

"Je crois que la faillite d'un membre de la zone euro serait de fait la faillite de toute l'Europe. Elle aurait des conséquences incalculables et un coût exorbitant, pas seulement en termes financiers, mais en termes économiques, en termes d'emploi et en termes politiques. Ceci n'est donc pas une option. Il faut le dire clairement ici : la seule solution, c'est d'aider la Grèce". 

"D'abord, en tenant nos engagements, ensuite en lui donnant du temps et en l'aidant à conduire et à mener à bien les réformes structurelles dont elle a besoin et enfin, en donnant et en garantissant des perspectives à son peuple. C'est à cette condition seulement que la Grèce se remettra sur ses pieds". 

"Mais la crise de confiance dans l'euro a atteint un tel niveau qu'évidemment on ne pourra pas en rester là. Il faudra mettre en œuvre les euro-obligations dont on parle depuis des mois, c'est-à-dire mutualiser une partie de la dette des États membres de la zone euro jusqu'à 60 % du PIB, avancer sur la question de la gouvernance économique mais également sur la question de la gouvernance politique laquelle, dans la crise, s'est révélée largement insuffisante".

16:13 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 12 septembre 2011

Accident nucléaire de Marcoule : "Le débat énergétique de moyen et long terme est urgent !"

Yann Wehrling.jpgjlb 32.jpgYann Wehrling, responsable de l'Environnement au sein du Shadow cabinet, et Jean-Luc Bennahmias, eurodéputé, ont vivement réagi à l'annonce d'une explosion sur le site nucléaire de Marcoule, dans le Gard, causant la mort d'une personne et plusieurs blessés, lundi 12 septembre.

"Un mort et quatre blessés : c'est le bilan déjà trop lourd de l'explosion qui s'est produite aujourd'hui sur le site nucléaire de Marcoule, dans le Gard. Nos pensées vont en premier lieu aux victimes et à leurs familles. Cet accident nous apporte malheureusement une nouvelle preuve de la dangerosité extrême de la technologie nucléaire", a déploré Jean-Luc Bennahmias. Pour Yann Wehrling, "toute proportion gardée, l'accident à Marcoule ne peut nous empêcher de penser à celui de Fukushima. Il rappelle si besoin que le risque zéro en matière d'installation nucléaire, y compris dans les pays riches, est un mythe auquel il serait prudent de ne plus croire". 

"S'il n'y a pas officiellement de risque de rejets radioactifs à l'extérieur du site, nous devons rester vigilants et exiger la transparence dans les informations fournies à la population. L'explosion, qui a lieu dans un centre de traitement et de conditionnement des déchets radioactifs, et non pas dans une centrale nucléaire, s'annonce comme un accident majeur, à mettre en lien avec la multitude "d'incidents" que connaissent nos sites nucléaires régulièrement", s'est-il indigné. 

Le porte-parole du MoDem questionne : "Qu'en est-il des crash tests européens dont nous pouvons aujourd'hui légitimement attendre les conclusions ? Nul doute que cet incident relancera une polémique et un débat. Qu'il soit, cette fois-ci je l'espère, déclencheur d'un débat énergétique de moyen et de long terme, non dogmatique et objectif, dont notre pays a urgemment besoin", a-t-il analysé. 

"C'est une preuve de plus - dont nous n'avions pas besoin- de l'urgence qu'il y a à développer une alternative, car on ne le répétera jamais assez : le nucléaire n'est pas l'avenir énergétique", ont-ils conclu.

23:10 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

"Centristes, les divisions doivent céder la place à une unité retrouvée !"

FRANCOIS BAYROU 1.jpgFrançois Bayrou, président du Mouvement Démocrate appelle les centristes à l'unité, dans une tribune publiée par le journal Le Figaro, samedi 10 septembre. 

Pour le député des Pyrénées-Atlantiques, "la vocation historique du Centre est de refuser la bipolarisation, ses caricatures et finalement son impuissance", pour devenir "la clé de voûte" d'une majorité nouvelle.

"La crise est là. Pendant longtemps elle menaçait. Maintenant, elle est une certitude. Tous ceux qui expliquaient que « la France était mieux placée que les autres », la foule de ceux qui affirmaient qu’il n’y avait « aucun problème de dette », qu’un « pays souverain était par définition infiniment solvable », que « la croissance était une question de volonté », et tous les « docteurs tant mieux » et tous les « docteurs tant pis », tous ceux-là vont désormais devoir vivre sous la loi de la crise, c’est-à-dire de la réalité. 

Devant la crise, deux questions se posent. 

La première : « est-ce qu’on peut s’en sortir ? ». Pour l’instant, on n’aperçoit aucun horizon d’espoir. On sait qu’aucun gouvernement n’échappera à la rigueur. Mais si une politique se limite à des coupes sans fin dans l’action publique, cette politique est décourageante et ne peut déboucher que sur la traduction économique du découragement : la récession. Au-delà des efforts collectifs d’économie et de contribution supplémentaire, il faut à l’horizon un espoir crédible. Pas seulement le retour de l’équilibre, mais celui de la créativité et de la prospérité. Pour notre pays, pays des grands défis agricoles et industriels, s’étant laissé exclure de ses produits et de ses marchés, tout recommencera par la reconquête du « produire en France », de l’inventer en France, du concevoir en France. Et si l’on exclut les leurres et les illusions du protectionnisme, « produire » exige recherche, science, souplesse, priorité à l’entreprise, changement du climat social, de la législation du travail s’il le faut, ménagement des marges des entreprises, effort sur l’image de marque de la France, mise en réseau des PME avec les grandes entreprises et les universités. Il est prouvé que c’est une politique efficace, et efficace à court terme : l’Allemagne l’a conduite avec un succès reconnu partout en Europe et dans le monde en moins de cinq ans. 

La deuxième question est : « quelles sont les conditions pour s’en sortir ? ». Cette question est politique. La politique de courage que les événements vont nous imposer, comme ils l’ont imposée il y a sept ans à M. Schröder en Allemagne, ne pourra être conduite par aucune des deux majorités traditionnelles de droite contre la gauche ou de gauche contre la droite. Dans un pays coupé en deux, l’une comme l’autre trouverait face à elle une opposition irréductible, plaidant la politique du pire. L’une comme l’autre vivrait sous la pression de forces qui, de l’intérieur, défendent des thèses incompatibles avec le redressement du pays. L’idée qu’il faudrait pour sortir de la crise préalablement mettre un terme à la mondialisation, renverser les marchés financiers, sortir de l’euro ou renvoyer les immigrés, ces idées-là, outre le caractère insupportables de leurs principes ou de leurs conséquences, sont purement et simplement des leurres. S’il fallait remplir ces préalables on attendrait la Saint Glin-glin. Or c’est maintenant qu’il faut agir. 

La politique du courage ne peut se bâtir que sur un constat : les problèmes ne viennent pas de l’extérieur, ce sont les nôtres et les solutions sont chez nous. Et c’est tout de suite qu’il faut trouver les réponses, budgétaires, sociales, fiscales, industrielles, éducatives. 

S’il est vrai qu’aucune des deux majorités traditionnelles n’a la solidité de conduire cette politique du courage, alors il faut une majorité nouvelle. 

Cette majorité nouvelle, majorité du courage, sera forcément une majorité centrale. Une telle majorité s’est imposée et s’imposera de nouveau en Allemagne. Elle est en gestation en Italie. Elle a permis à Zapatero d’imposer en Espagne la règle d’or. Elle s’imposera en France, au rythme de l’aggravation prévisible de la situation du pays. 

À cette majorité nouvelle, il faut une clé de voûte. Là est la responsabilité du centre. La vocation historique du centre est de refuser la bipolarisation, ses caricatures et finalement son impuissance. Aujourd’hui où la bipolarisation va se trouver en échec, la responsabilité décisive d’un centre reconstruit, digne et fort, sera de rendre possible le nouvel équilibre politique du pays. 

Pendant des années, les responsables issus du centre ont pu hésiter et se diviser sur la ligne à suivre. Certains ont pu penser, et cela a donné lieu à de durs affrontements entre nous, que nos idées seraient mieux défendues par l’organisation de courants internes à l’un ou l’autre des deux camps. De préférence à droite. Oublions ces débats, ils sont derrière nous : la réalité a tranché. Regardons seulement les devoirs que nous avons à remplir : une pensée solide, des lignes directrices qui ne tournent pas au premier vent, des institutions rénovées, la chasse aux « affaires » douteuses qui ont empoisonné ces dernières années, une solidarité retrouvée pour que le grand courant au centre de la vie démocratique du pays pèse de son véritable poids dans les temps à venir. L’urgence est que les divisions cèdent la place, sur des bases saines, à une unité retrouvée. 

Non pas seulement pour 2012 comme on le lit trop souvent, mais aussi pour les temps à venir à partir de 2012 : ces temps qui exigeront que l’on dise la vérité, toute la vérité au pays, et que chacun, enfin, assume ses responsabilités."

23:05 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 01 septembre 2011

"Un grand plan, équilibré et cohérent est possible pour réduire les déficits !"

fanfan.JPGFrançois Bayrou, président du Mouvement Démocrate, a répondu aux questions de la rédaction de Valeurs actuelles, jeudi 1er septembre. 

Il revient dans cet entretien sur les difficultés économiques auxquelles la France est confrontée et détaille une série de leviers qui sont en mesure de nous permettre de redresser la barre au fil des mois et des années à venir.

Valeurs actuelles : Vous publiez “2012, état d’urgence”. En quoi ce livre ouvre-t-il une campagne présidentielle différente de celle que vous avez menée en 2007 ? 

François Bayrou : Dans ce livre, je propose de dépasser les symptômes actuels et inquiétants de la situation de la France pour aller jusqu’aux causes. En 2007, souvent seul contre tous, j’ai alerté notre pays contre le dérapage du déficit et de la dette. En 2012, le danger qu’on n’a pas voulu voir à l’époque est devenu obsédant. Aujourd’hui, il faut aller plus loin dans la réflexion. La question pour moi n’est pas seulement la dette, mais la cause de la dette, de cette dérive sans fin. Pourquoi sommes-nous obligés d’emprunter toujours plus ? Et par ailleurs, pourquoi la société française est-elle sans espoir pour l’avenir de ses enfants ? Et je conclus que nous avons devant nous deux problèmes de vie ou de mort, deux questions de redressement ou d’effondrement. La première question, c’est produire en France. La deuxième, instruire en France. Nous sommes obligés d’emprunter parce que nous ne produisons plus et que nos ressources nationales s’en vont. Si nous ne retrouvons pas les chemins de la production, toutes les productions, industrielles, agricoles, culturelles ou de services, nous n’effacerons ni les déficits, ni les problèmes de pouvoir d’achat, ni le chômage. Et si nous ne savons pas rééquilibrer l’enseignement et l’éducation, la société se trouvera durablement condamnée à tous les échecs. Et ces deux questions, un grand peuple, les yeux ouverts, peut se les poser et décider de les résoudre. 

Face à l’état d’urgence que vous décrivez dans votre livre, les mesures que vient de présenter François Fillon pour réduire les déficits vous semblent-elles à la hauteur ? 

J’ai de la considération pour François Fillon. Mais en l’écoutant, j’ai ressenti deux frustrations. Tout d’abord, la partie qui aurait dû être la plus claire et pédagogique du discours semblait en réalité écrite pour que personne n’y comprenne rien. On nous a asséné des mesures techniques, énumérées les unes derrière les autres dans le langage ésotérique de Bercy. Je pense que c’était volontaire, ce qui est à mes yeux une erreur de stratégie. Dans des moments aussi graves, le gouvernement devrait au contraire tout miser sur la clarté, expliquer la réalité de ce qui se passe et de la nécessaire mobilisation quant aux mesures à prendre et aux objectifs à atteindre. Deuxième impression : on nous a présenté un plan constitué d’une addition de rustines. Il suffit de voir ce qu’il va rapporter en 2011 pour s’en convaincre : 0,1 pour cent du PIB ! Et je reste dubitatif sur les mesures “patchwork”, comme cette idée étrange de taxer les sodas ou les parcs à thème ! 

L’opacité de l’État, notamment en matière budgétaire, n’est pas nouvelle… 

La démocratie, telle que je la conçois, est fondée sur la clarté et l’intelligibilité de l’action publique. C’est l’idée de Marc Sangnier, si concise et efficace : « La démocratie est l’organisation sociale qui vise à porter à son maximum la conscience et la responsabilité du citoyen. » Nos pouvoirs contemporains font le contraire. Au lieu de la conscience et de la responsabilité, ils organisent la dissimulation. Ce phénomène n’est pas nouveau mais il s’est aggravé. Par exemple, dans l’organisation du pouvoir, la place que les réseaux occupent est scandaleuse. C’est une offense à tous ceux, sans relations ni argent, qui croient à la parole politique et qui découvrent que les décisions les plus importantes sont en réalité prises dans l’ombre et sous in fluence. 

Qu’auriez-vous fait face à cette urgence, et que devra entreprendre le nouveau président, au lendemain de son élection, en 2012 ? 

En tout premier lieu, je soutiens l’idée d’une règle constitutionnelle qui rende illégaux les déficits illégitimes. Autant il est défendable d’emprunter pour construire les équipements dont bénéficieront les générations à venir, autant il est honteux d’avoir recours à l’emprunt pour rémunérer les fonctionnaires, assurer le train de vie de l’État ou rembourser nos feuilles de sécu. Cette “règle d’or”, je l’avais déjà proposée en 2007 en termes limpides : interdiction des déficits de fonctionnement en période de croissance. Il s’agit là d’une discipline que la nation s’impose. Le texte du gouvernement est beaucoup moins clair. Mais il est un signal. À la place de Nicolas Sarkozy, je convoquerais donc le Congrès, je placerais toutes les forces politiques devant leurs responsabilités et on verrait qui est capable, ou pas, de transcender les oppositions traditionnelles au nom de l’intérêt général. 

Vous dites au PS qu’il faut voter la règle d’or ? 

Oui. Je comprends, bien sûr, l’agacement du PS dans la situation : se faire donner des leçons de vertu par le gouvernement qui a fait le plus gros déficit de tous les temps peut rester en travers de la gorge. Mais le moment impose que l’on dépasse cet agacement. Le gouvernement socialiste espagnol vient de faire adopter cette règle. Il n’y a pas erreur au-delà des Pyrénées, et vérité en deçà. 

Pourquoi Nicolas Sarkozy hésite-t-il à le faire ? 

S’il hésite, c’est probablement par crainte de la réaction des agences de notation en cas de vote négatif. 

Et pour la baisse des déficits proprement dite ? 

La vérité est celle-ci : il faut trouver 100 milliards en additionnant baisse des dépenses et augmentation des recettes. Le grand plan, équilibré, cohérent, qui y parviendra, concernera en même temps la baisse des dépenses d’intervention, soit une vingtaine de milliards sur 80, en n’oubliant pas le train de vie de l’État à son sommet et les collectivités locales qui doivent prendre leur part de l’effort. Le rééquilibrage des dépenses sociales, une vingtaine de milliards, soit moins de 5 % de la totalité des dépenses maladie, vieillesse, chômage. L’aggiornamento des niches fiscales pour 15 à 20 milliards sur 80. Une augmentation des ressources, à rechercher du côté de l’impôt sur le revenu par la montée de 41 à 45 % de la tranche la plus haute, et pour les très hauts revenus, une tranche exceptionnelle à 50 %. Et comme je veux dire la vérité, j’annonce qu’il est impossible de parvenir à l’équilibre sans une augmentation de la TVA de deux points. Les Allemands ont accepté trois points. Reste à espérer que l’activité retrouvée apportera les quelques milliards qui manquent encore à l’addition. Si nous faisons cet effort, nous parviendrons, non pas tout de suite à l’équilibre, mais très vite à l’étiage, où la dette du pays n’augmente plus. 

Est-ce que vous êtes pour une généralisation de l’évaluation des politiques publiques ? 

On ne cherche jamais à savoir, en France, quel est l’impact des lois que l’on vote. Si elles sont ou non efficaces, si l’argent engagé l’est à bon escient ou non. Et même personne ne vérifie, c’est le comble, si elles sont appliquées ou non. Je suis pour la création d’une autorité indépendante chargée de la vérification de l’application des lois votées et d’une vraie en quête sur leurs conséquences. 

Vous évoquez une augmentation de deux points de la TVA ? 

Croyez-vous qu’on se fait élire avec ce type d’annonce ? Toute ma démarche est fondée sur l’idée que désormais les Français exigent la vérité. Ils sont dégoûtés de la fausse monnaie des promesses. Ils ont besoin de courage, et de responsables qui affrontent la réalité. C’est une mesure choc, mais nécessaire. La TVA présente l’avantage d’un rapport certain, et de surcroît, les entreprises ne répercutent pas forcément cette augmentation sur les prix de leurs produits. Comme disent à juste titre les économistes, la fixation du prix n’est pas une question d’addition de coûts mais une appréciation de ce que peut payer le consommateur. Deux points de TVA, ce sont plus de 20 milliards de recettes assurées, qui présentent l’avantage d’un rééquilibrage rapide, constant et proportionnel à l’activité du pays. Une décision de cet ordre est inéluctable, étant donné l’état de nos comptes. J’affirme que toutes les majorités y seront conduites. Et donc je l’assume devant le pays. 

Vous pensez donc que cette campagne électorale qui s’ouvre, étant donné la gravité de la situation, pour la première fois, va imposer aux candidats de ne plus se présenter devant les Français avec un carnet de chèques dans une main et une baguette magique dans l’autre ? 

En tout cas, pour moi, je me tiendrai à cette politique de vérité. Et contrairement à ce que disent certains, ce n’est pas “du sang et des larmes” ! Quand Churchill emploie cette expression en juin 1940, des jeunes hommes mouraient tous les jours. Là étaient vrai sang et vraies larmes. Nous aussi, nous avons une guerre à mener. Mais heureusement, c’est une guerre bien moins douloureuse. Il ne s’agit pas de douleur, de pleurs et de grincements de dents. Au contraire, il s’agit d’yeux ouverts et d’espoir. Il s’agit de s’en sortir et c’est le seul chemin à emprunter pour re dresser notre pays, aujourd’hui tellement démoralisé qu’il ne croit même plus à la contestation. 

Vous avez été le premier à poser cette question centrale des déficits en 2007, sans vraiment avoir été en tendu, et les faits vous ont donné raison. Cela vous met en colère ? 

La colère ne sert à rien. Il faut toujours du temps pour que les idées prennent corps. En 2007, sans doute les consciences n’étaient-elles pas mûres. Malgré tout, près de 20 % des Français se sont rangés à mon avis. Mais on ne peut pas conduire une politique qui soit uniquement promesse de coupes et de sacrifices. Je mets donc au premier plan en 2012 la question du redressement. Et donc la question du “produire en France”. Beaucoup se demanderont : mais est-ce que c’est encore possible ? Ça l’est ! En cinq années, nos voisins allemands, sur les mêmes produits, avec à peu près le même modèle de société, sont passés de l’alerte rouge à la prospérité. Aujourd’hui, en Allemagne, même si tout n’est pas idéal, c’est l’agence pour l’emploi qui licencie, faute de chômeurs. Eh bien, nous aussi avons les moyens du même redressement. La France est l’un des plus grands pays agricoles et industriels du monde, qui maîtrise les technologies les plus pointues ! Il s’agit seulement de livrer, avec les PME, avec le soutien des investisseurs, y compris du Fonds de soutien à l’investissement, avec les consommateurs, la bataille décisive de la reconquête. 

Pourquoi cet abandon, c’est parce que la France n’est plus compétitive ? 

Certains nous disent : « c’est la faute de l’euro, notre monnaie est surévaluée », les autres : « c’est la faute des salaires, trop élevés ». Je ne crois ni à l’une ni à l’autre des deux affirmations. Les Allemands ont la même monnaie que nous et des salaires au moins aussi hauts que les nôtres. La vérité est qu’ils ont eu une stratégie industrielle concertée consistant à maintenir la production sur leur territoire, quitte à y intégrer des éléments venant de pays à plus bas coûts de production. Ils ont maintenu leur présence dans tous les secteurs, en y jouant la carte du haut de gamme. En France, nous nous sommes laissés glisser vers l’abandon de secteurs entiers et cruciaux et nous avons joué le moyen, voire le bas de gamme. Il faut inverser le mouvement. 

Pour aider les entreprises, et notamment les PME, ne faut-il pas aussi les soulager fiscalement, et faire en sorte qu’elles ne portent plus seules le poids des cotisations sociales ? 

Il est anormal et scandaleux que la fiscalité appliquée aux grandes, voire aux très grandes entreprises du Cac 40, se révèle au bout du compte trois fois inférieure en moyenne à celle qui est appliquée aux moyennes et aux petites entreprises… Cela se comprend très bien : lorsque la législation fiscale est comme aujourd’hui un labyrinthe, les entreprises qui ont des services entiers consacrés aux aspects juridiques et fiscaux finissent toujours par dénicher des avantages et des exemptions. C’est la même chose pour le droit du travail. On voit bien là que la simplicité de la législation est dans un pays un élément d’équité. Et il est vrai que se posera la question de la répartition des charges sociales : doivent-elles comme aujourd’hui reposer majoritairement sur le travail ? Et si, comme j’en suis d’accord, une autre répartition s’impose, sur quelle base ? 

Quels autres facteurs de compétitivité ? 

L’ambiance sociale. La guérilla permanente et le soupçon entre organisations de salariés et entreprises est une des causes du mal français. J’avais hier au téléphone un chef d’entreprise français qui a dans son groupe des usines en Allemagne. Et que me dit-il ? Que les représentants du personnel de ses usines, de l’autre côté du Rhin, lui ont demandé un accord sur une augmentation du temps de travail pour conserver leurs marchés, en gagner d’autres et donc sauver et multiplier leurs emplois… 

Une fois de plus, la question est moins économique que culturelle… Peut-on imaginer pareille réaction des syndicats en France ? 

Et pourquoi pas ? Pourquoi prétendre que nous ne serions pas capables de faire ce que font les autres, à avantages et handicaps égaux ? Croyez-vous vraiment que le fait de vouloir travailler plus pour garder et créer de la richesse et de l’emploi soit hors de portée du peuple français ? Je veux mettre au coeur de la campagne cette question cruciale de la capacité de redressement de la France : la situation est trop grave pour que l’on continue à contourner les problèmes, comme si le peuple n’était pas majeur. Beaucoup réside dans l’explication. Or il y a aujourd’hui un énorme déficit de pédagogie. Que fait le pouvoir pour expliquer la situation aux Français et, par là, les mettre en situation de réagir ? Pas grand-chose. Le président de la République, qu’on voyait tous les jours au début de son mandat, a presque disparu des écrans. Il n’apparaît plus, même pour se féliciter de son propre succès en Libye, alors qu’il a mené une opération audacieuse et risquée et atteint le but qu’il s’était fixé. Un succès reconnu par à peu près tout le monde… 

Dont vous ? 

… Évidemment ! Chaque fois que quelque chose mérite une mention favorable, je le souligne. Cela fait partie de l’équilibre que je cherche, de ma liberté de jugement et de parole. 

Que répondez-vous à Nicolas Sarkozy quand il dit que, dans la crise, la France est le pays européen qui s’en sort le mieux ? 

C’est sans doute son rôle de le dire. Mais ce n’est pas vrai. Prenons quatre critères qui doivent former notre jugement : le stock de dettes, le niveau du déficit primaire (le déficit hors charge de la dette), le commerce extérieur et la croissance. Eh bien, si on les combine, nous sommes systématiquement en queue de peloton. Il y a quelques pays qui ont plus de dettes que nous (l’Italie) mais beaucoup moins de déficit primaire. D’autres, comme l’Espagne, qui ont davantage de déficits que nous mais moins de dettes. Et notre commerce extérieur est effondré. Si cela ne constitue pas un état d’urgence, je ne sais pas comment cela s’appelle. 

Pourquoi les dirigeants français ne donnent-ils pas ces explications ? 

J’imagine qu’il n’est pas agréable de reconnaître que la crise n’explique pas tout et que la politique menée depuis 2007 a creusé les déficits avant que le ralentissement de la croissance mondiale ne se mette de la partie. 

Dans votre livre, vous êtes particulièrement critique avec les propositions économiques de la gauche… 

J’ai espéré, après 2007, qu’une partie de la gauche pouvait évoluer. Je croyais et je crois toujours qu’il serait souhaitable, et bon pour le pays, qu’une gauche aux yeux ouverts, une gauche Schröder, s’impose face à une gauche enfermée dans ses erreurs… Force est de constater que cette évolution n’a pas eu lieu. Individuellement, nombreux sont les dirigeants du PS qui peuvent avoir une conscience claire de la situation. Mais collectivement, l’appareil les oblige à camper aux antipodes de la lucidité. Or, pour sortir le pays de la crise, on aura besoin d’un grand mouvement de réalisme et de volonté, comme cela a été fait en Allemagne, par la création d’une majorité nouvelle, centrale, courageuse. C’est avec cette certitude que je n’ai jamais hésité à faire des gestes d’ouverture sans rien céder de mes convictions… 

Et vous l’avez payé assez cher… 

Peut-être. On n’est pas toujours compris lorsqu’on s’engage dans des démarches novatrices. Mais il ne faut jamais regretter de tenter ce qu’on croit utile au pays. Malheureusement, on est loin de la prise de conscience que je souhaitais. C’est une illusion cruelle d’annoncer dans la situation du pays 300 000 emplois-jeunes payés sur fonds publics, le retour à la retraite à 60 ans, l’augmentation des budgets, la création d’une allocation universelle pour les étudiants… Je suis sûr que pas un responsable socialiste conscient ne peut croire sérieusement que tout cela est réalisable, mais tous en choeur font “comme si”, pour ménager la gauche de la gauche ! Cette illusion collective est dangereuse, puisqu’on promet des choses qui seront, je vous le dis, impossibles à tenir. Et tout cela fait courir de grands risques pour l’avenir. 

Ce qui ne vous empêche pas d’en appeler à une sorte de gouvernement de salut public pour affronter la crise… 

La situation oblige à ne rien attendre des appareils. Mais la réalité est là ! Il n’existe aucun moyen de sortir le pays de l’effondrement que nous vivons sans le choc d’une majorité nouvelle. Celle-ci ne peut s’organiser qu’autour d’un seul critère : réunir tous ceux qui partagent la conscience que les problèmes ne viennent pas d’ailleurs, de l’extérieur, mais qu’ils sont en nous. Et donc, qu’ils sont solubles. Car poser comme préalable de changer l’ordre économique mondial avant d’espérer faire évoluer notre situation nationale est une naïveté doublée d’un leurre. On peut toujours critiquer la mondialisation, mais qui peut croire que le monde va se “démondialiser” pour faire plaisir à la France ? La mondialisation est un fait : nous devons nous battre avec les armes qui sont les nôtres, et elles sont fortes. Nous avons une population soutenue par une démographie favorable. Nous avons une tradition d’ingénieurs. Nous maîtrisons les technologies les plus exigeantes. Nous avons seulement besoin d’une double revalorisation : revalorisation de l’image de marque de notre pays en toutes ses productions, industrielle, agricole, de services, culturelle… Et revalorisation du travail, considéré non pas comme une corvée mais comme une réalisation personnelle. 

Autrement dit, une morale collective ? 

Affirmation exigeante : le redressement sera d’abord un redressement moral. Une envie de vivre, au lieu des bras baissés ; des raisons de vivre, au lieu du découragement. Et une capacité à dire avec les mots justes ce qu’est la France, ce que devrait être l’Europe, et comment un peuple comme le nôtre peut élever ses enfants. Et j’emploie le mot “élever” aussi bien au sens habituel, “éduquer”, qu’au sens propre, plus fort encore, “tirer vers le haut”. 

Propos recueillis par Eric Branca et Josée Pochat

 

20:30 Écrit par MoDem Dugny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Toutes les notes